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dimanche 26 janvier 2014

Les personnes TSA : un cerveau en images, en mots ou en séquences

Une des plus grandes difficultés que les conseillers d’orientation éprouvent lorsqu’ils effectuent une démarche d’orientation avec des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) est que les méthodes, outils et activités habituellement utilisés avec les personnes non-autiste ne fonctionnent pas. Mais pourquoi donc ?

La lecture d’un excellent livre, The Autistic Brain (1) , par la célèbre autiste américaine Temple Grandin, m’a révélé les plus récentes recherches en neurologie sur l’anatomie et la physiologie du cerveaux des personnes TSA. Ses conclusions sont fort éclairantes dans notre travail en orientation.

Nous savons que les personnes autistes ont un profil d’habiletés inhabituel. Elles ont de grandes forces dans des activités normalement difficiles pour les non-autistes (calcul mentaux rapides, virtuosité au piano, mémoire photographique, oreille absolue, etc.) mais en contrepartie éprouvent une incompréhension de certaines choses qui nous paraîssent évidentes : comment approcher un potentiel employeur, comment comprendre les attentes de notre patron, comment se comporter dans une fête, etc.

Une des explications proviendrait d’abord d’un arrêt de développement de certaines parties du cerveau et d’une compensation développementale par d’autres parties du cerveau, ce qui crée un déséquilibre. Les connexions synaptiques et conséquemment l’information neurologique transmise aux différentes parties du cerveau en est altérée, souvent ralentie. Cela a pour résultat que les personnes autistes ont souvent un mode de perception et de compréhension du monde qui est unidimensionnel. Toutefois, cette structure du cerveau est unique à chaque personne autiste.

On peut dégager trois grandes catégories de fonctionnement cérébral autiste : 1) les gens qui perçoivent le monde en images, 2) ceux qui perçoivent le monde en mots et 3) ceux qui perçoivent le monde en motifs ou en séquences. Dans le langage courant, on a tendance à dire qu’on est visuel, auditif ou kinesthésique. Mais ce que je vous décris est beaucoup plus prononcé, en plus d’être vérifiable grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.

Dans mon prochain billet, qui paraîtra la semaine prochaine, je vous parlerai de la manière dont on peut identifier si notre client TSA fonctionnement en images, en mots ou en séquences et comment adapter notre intervention en orientation.

Sur ce, bonne année 2014 et à très bientôt !
Émilie Robert, c.o.

(1) Grandin, T. & Panek, R. (2013). The Autistic Brain, HMH Books

2 commentaires:

  1. Merci Émilie pour tous ces articles. Je ne travaille pas avec cette clientèle, mais la lecture de tes billets m'impressionne toujours.C'est net, clair, précis et j'apprends toujours quelque chose.
    Hélène (Trudeau)

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  2. Merci Hélène !
    Ton commentaire est très apprécié. Je suis heureuse de voir que ce blogue puisse être utile à l'ensemble des CO du collégial, peu importe le type de clientèle avec laquelle ils travaillent.
    Au plaisir !
    Émilie

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