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mardi 5 février 2013

L'introspection, l'orientation professionnelle et Asperger

Lors de mon dernier message, j'avais évoqué la capacité d'introspection des personnes Asperger. Ce billet portera essentiellement sur ce sujet.

En orientation scolaire et professionnelle, nous utilisons beaucoup la capacité d'introspection de nos clients. Par des activités de réflexion, de l'écoute active, des reflets, de la confrontation et à travers une relation d'aide qui se construit, nos clients progressent et trouvent des solutions. C'est en grande partie leur capacité d'introspection qui leur permet d'intérioriser ce qui se vit dans les rencontres de consultation et de les traduire par la suite en action. Autant la capacité d'introspection varie d'une personne à l'autre, on sait qu'elle est très faible chez les personnes Asperger. Cela s'explique par la manière dont le cerveau perçoit, traite et organise l'information provenant de l'extérieur et de l'intérieur de la personne. Étant inondé d'informations difficilement traitables, le cerveau priorise l'information provenant du monde extérieur à la personne. Avant de vous perdre dans les explications complexes, voici un exemple provenant du cas présenté dans mon dernier billet.

J'avais aidé mon étudiant, Jean-François, à identifier ses principales forces à partir de questionnaires et de discussions. Il avait réussi à identifier des forces à partir de ses résultats scolaires et de la rétroaction de ses professeurs et de son orthopédagogue. Je lui ai ensuite montré des monographies de professions sur Repères et lui ai demandé de me dire quelles professions lui ressemblaient. Il ne comprenait pas du tout la tâche et ne savait pas quoi faire. Lorsque j'ai reformulé ma demande en indiquant d'identifier les professions qui ont les mêmes caractéristiques que sur la feuille de son bilan de compétence, il a compris et réussi la tâche. Toutefois, une fois cette étape complétée, il ne savait pas quoi faire avec ces professions. Il n'avait aucune intention de les envisager comme des choix de carrière potentiels. Il ne pouvait pas s'approprier cette ressemblance entre ses forces et les métiers présentés.

Je me suis donc retournée vers les neurosciences afin de trouver des pistes pour dénouer mon impasse. Ma méthode tradionnelle ne fonctionnera tout simplement pas.  J'ai lu quelques bouquins pouvant m'éclairer un peu. J'ai appris que le jugement et la prise de décision sur des sujets personnels et sociaux sont des fonctions cérébrales assumées par une région du cevreau qu'on nomme le lobe ventro-médian du cortex préfontal. Pour qu'une décision soit prise par une personne, et surtout une décision complexe comme  un choix de carrière, le cerveau active entre autres la région responsable du traitemenet des émotions.

Cela m'a amenée sur une piste. Les personnes Asperger ont énormément de difficultés à comprendre leurs messages émotifs (encore plus ceux des autres). Elles ressentent des émotions, mais leur ceveau ne convertit pas cela en information concrète. Il faut donc contourner cet obtsacle et pour y arriver, je me suis remis à la planche à dessin pour élaborer des acitviéts à utiliser dans la démarche d'orientation.

Dans mon prochain billet, je vous donnerai des exemples et explications à ce sujet.
D'ici là, je vous invite à venir échanger vos questions ou commentaires !
Émilie Robert, c.o.

Référence : Antonio R. Damasio, L'Erreur de Descartes : la raison des émotions, Paris, Odile Jacob, 1995.