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mercredi 7 octobre 2015

La parole à d'autres sur le blogue des clientèles en situation de handicap de l'ACOC


Bonjour à tous les lecteurs,

Voilà plusieurs mois que je n’ai publié un message sur ce blogue. Après un congé de maternité et la publication d’un livre, je suis appelée et à prioriser mes activités et concentrer mes énergies sur mes nouveaux projets. Ainsi, je n’aurai plus suffisamment de temps pour me consacrer aux messages écrits sur ce blogue.

Toutefois, ceux qui aiment apprendre sur l’intervention en orientation auprès d’étudiants en situation de handicap pourront lire les chroniques que je publierai quelques fois par année sur le site Monemploi.com. De plus, je vous suggère de consulter mon livre Les personnes autistes et le choix professionnel : Les défis de l’intervention en orientation, paru chez Septembre éditeur. Le livre est disponible par bon de commande sur le site de Septembre Éditeur ainsi que dans les grandes librairies (Renaud-Bray, Archambault, etc.).

Aussi, je ferai plusieurs présentations au courant du printemps dans différents congrès à Québec et à Montréal (Colloque sur l’approche orientante de l’AQISEP, congrès de l’Association canadienne et l’Association américaine de counseling, congrès de l’AQETA).  Je serai très heureuse de vous y rencontrer et échanger avec vous. Surveillez également l’offre de formation de l’OCCOQ en hiver 2016, je travaille présentement sur un projet de formation d’une journée sur l’intervention auprès de jeunes autistes.

Enfin, je vous encourage à consulter ce blogue de temps en temps. Si je n’ai plus de temps à y consacrer, sûrement qu’un autre conseiller et ou conseillère prendra la relève. L’ACOC continuera à répondre aux messages que vous laisserez en commentaire. J’en profite d’ailleurs pour lancer l’appel à tous. Si l’un d’entre vous est intéressé à reprendre ce blogue, veuillez vous adresser à Bruno Tremblay de l’ACOC.

Merci à vous d’avoir été fidèles au rendez-vous et au plaisir d’échanger avec vous de nouveau !

Émilie Robert, c.o.

vendredi 1 mai 2015

Les personnes autistes et le choix professionnel : Les défis de l'intervention en orientation

Voilà plusieurs mois que je n'ai pas publié de message sur ce blogue. Je suis de retour aujourd'hui et votre attente en aura valu la peine. En effet, durant les derniers mois, j'ai écrit un livre qui traite du sujet principal de ce blogue, c'est-à-dire l'intervention en orientation auprès de personnes autistes. Le livre, intitulé Les personnes autistes et le choix professionnel : Les défis de l'intervention en orientation paraîtra chez Septembre éditeur dès le 27 mai prochain.

Le livre part du constat que la  majorité des professionnels de l’orientation sentent que leurs méthodes d’intervention habituelles ne donnent pas les résultats escomptés avec les clients avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA). Froids et passionnées, indifférents et engagés, les jeunes autistes sont clairement différents des autres étudiants. Ils contrastent et ressortent dans un groupe. Or, les jeunes ayant un TSA ont ni plus ni moins de capacités que les autres. Ils ont simplement un profil d’habiletés inhabituel. Ce profil est souvent difficile à identifier pour les conseillers d'orientation.

Le livre a pour but d'aider les professionnels de l'orientation à mieux intervenir auprès de jeunes autistes de 16 à 25 ans. À partir de notions théoriques puisées dans les connaissances en psychologie, en neurologie et en génétique, je présente ce qu’est le TSA et vous en explique les manifestations dans la pensée et le comportement des personnes autistes. Ces informations permettent de comprendre quels sont les impacts de ces particularités sur une démarche d’orientation scolaire et professionnelle. Cela vous amène à découvrir comment adapter les services d’orientation en conséquence. Je propose ensuite plusieurs activités d’exploration professionnelle, des méthodes de communication et d’intervention ainsi que des activités de réflexion pour les clients autistes. Des histoires de cas illustrent différentes interventions suggérées. Enfin, des ressources pour les conseillers d’orientation vous sont présentées ainsi que des perspectives d’avenir possibles pour ces jeunes à la fois complexes et fascinants.
Autant certaines stratégies d'intervention contenues dans le livre ont été présentées dans ce blogue, vous verrez que la quantité et la profondeur des informations, pistes de réflexions et d'intervention vont bien au delà de ce qu'un blogue peut permettre. Je vous invite donc à vous procurer le livre et de profiter des mois plus tranquilles de l'été pour en faire la lecture. Bien sûr, je serai très heureuse que vous commentiez sur ce blogue votre lecture, me posiez des questions et partagiez vos réflexions.
De plus, je ferai une brève présentation du livre et de son contenu lors du 11e congrès de l'ACOC qui aura lieu du 27 au 29 mai 2015, à l'UQAM, à Montréal. J'espère vous y voir en grand nombre !
 
Bonne lecture et à bientôt !
Émilie Robert, c.o.

samedi 3 mai 2014

2e édition du Lunatic, projet pour étudiants ayant un trouble du spectre de l'autisme

Voilà quelque temps que je vous parle de l'initiative que mon équipe et moi avons mise sur pied pour les étudiants autistes du Collège Montmorency. En décembre dernier, je vous avais parlé du magazine Lunatic, écrit, mis en page et édité par environ 8 étudiants autistes fréquentant notre collège.

Le vif succès qu'ils ont eu les a encouragés à redoubler d'efforts pour une deuxième édition haute en couleur. Le magazine a presque doublé de volume et contient plusieurs illustrations originales d'un membre de l'équipe ainsi que d'une collaboratrice.

Je vous invite fortement à le lire en consultant le lien suivant :
http://www.cmontmorency.qc.ca/images/stories/fichiers_actualite_evenements/magazine_lunatic_volume_1_no2.pdf

Non seulement les textes sont intéressants et agréables à lire, mais ils vous démontrent à quel point tous les jeunes, et en particulier les autistes, ont un talent immense et qu'il se dévoile lorsqu'on les aide à avoir les conditions optimales.

Bonne lecture et à bientôt !
Émilie Robert, c.o.



vendredi 11 avril 2014

Pour en savoir plus sur des activités orientantes avec les TSA

Il y a quelque temps, je vous avais parlé de l'activité orientante, le magazine Lunatic, que j'effectue avec un groupe d'étudiants ayant un trouble du spectre de l'autisme. 
 
Suite à un vif succès de la première édition, l'équipe du magazine travaille d'arraché pied pour finaliser la parution de la 2e édition que nous attendons pour la dernière semaine d'avril. Le magazine sera disponible en pdf sur ce blogue dès le début du mois de mai. 
 
En attendant, si vous voulez en savoir plus sur cette stratégie d'intervention et ses retombées, voici deux liens. Le premier vous amène à un reportage réalisé par Radio-Canada dans le cadre de l'émission de télévision Alors on jase. On présente les troubles du spectre de l'autisme et ce qu'on peut faire pour mettre en valeur le potentiel des jeunes TSA. L'exemple utilisé est celui du magazine Lunatic. J'y suis interviewée par l'animatrice Louise Deschâtelets. 

Ensuite, voici un lien vers un article que j'ai rédigé et qui présente le magazine Lunatic. Cela a paru dans le tout dernier bulletin de l'AQICESH (Association québécoise interuniversitaire des conseillers aux étudiants en situation de handicap).

Bonne lecture, bon visionnement et bon printemps à tous !
Émilie Robert, c.o.

mercredi 26 mars 2014

Le mois d'avril pour parler des mythes et réalités des TSA

Avril est le mois de l’autisme au Québec. Dans plusieurs régions, des organismes comme Autisme Québec, la Fédération québécoise de l’autisme et des Centres de santé et services sociaux (CSSS) organisent des activités de sensibilisation. À mon collège, nos étudiants TSA ont décidé de tenir un kiosque d’information afin démystifier les troubles du spectre de l’autisme. Je m’attends à ce que cette année, cette campagne de sensibilisation ait plus de visibilité que jamais. Pourquoi ? C’est que l’autisme, à tort ou à raison, est à la mode dans les médias. Sans trop pouvoir l’expliquer, les journalistes et les  chaines de télévision aiment en parler. Le public s’y intéresse tout autant. Cela a des avantages bien évidents : d’une part, le public constate que les troubles du spectre de l’autisme sont plus fréquents qu’on ne le pense. Aussi, il découvre que  les personnes qui sont un TSA sont intelligentes et réussissent à faire leur chemin dans la vie, au contraire de la perception courante des années 1990 où on associait autisme et déficience intellectuelle.

Toutefois, cette visibilité, et surtout l’utilisation de « success stories », peut être un couteau à double tranchant.  Les médias tendent parfois à créer des mythes et généralisations indues. Ils aiment raconter des histoires intenses, qu’elles soient positives ou négatives. Après avoir raconté pendant des années des histoires d’horreur d’enfants autistes enfermés à jamais dans leur monde, on parle maintenant de génies autistes qui accomplissent des merveilles. C’est bien, mais ça reste aussi rare que les autistes muets. La vingtaine d’étudiants TSA avec qui je travaille a toutes sortes d’habiletés,  mais ils sont tous « normaux ». C’est ça, je crois, le gros défi de la démystification de l’autisme. C’est de réussir à parler des TSA comme un profil différent mais normal, au sens où mes jeunes ont plusieurs forces, ont des talents, mais aussi des fragilités et des limites, comme tout le monde. Ce qui les distingue est la combinaison de forces et de limites qui est peu fréquente ou inhabituelle. Et cela leur pose bien des embûches. Ils ont encore besoin d’aide et de soutien.

C’est ce que nos jeunes feront valoir au courant du mois d’avril. Je les félicite pour leur dévouement et leur implication. Petit à petit, ce nouveau discours au sujet de l’autisme va faire son chemin, j’en suis convaincue. 

Pour plus d’informations sur le mois de l’autisme ou les activités qui se déploient un peu partout au Québec, visitez le site d’Autisme Québec http://www.autismequebec.org et celui de la Fédération québécoise de l’autisme http://www.autisme.qc.ca .

En terminant, si vous voulez en savoir plus sur le travail que j’effectue avec les étudiants du collège Montmorency, il y aura un reportage diffusé le 7 avril 2014 à 9h30 à l’émission Alors on jase, à la télévision de Radio-Canada.


Bon mois de l’autisme à tous !
Émilie Robert, c.o.

dimanche 2 février 2014

Comment travailler avec les images, les mots et les séquences

Dans mon précédent billet, je vous ai décrit sommairement les dernières connaissances en neurologie sur la physiologie du cerveau des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Généralement, les personnes TSA perçoivent le monde par des images, des mots ou des séquences, ou un mélange de deux catégories. Comment savoir où se situe votre client ?

Tout d’abord, ces catégories font référence au type de détails auxquels la personne s’attarde. Vous pouvez demander à votre client quelles sont les informations qu’il apprend le plus facilement. Sont-elles des choses qu’il voit, qu’il entend ou les liens et l’ordre des éléments qu’il observe (des séquences) ?

Ce type de fonctionnement caractérise aussi la mémoire. Est-ce que votre client a une mémoire photographique et peut reproduire facilement en dessin une image qu’il a vue ? Lorsqu’on lui demande de se souvenir d’un événement, est-ce une image qui lui vient rapidement à l’esprit ? Si oui, il est du type « images ». Peut-il mémoriser des quantités incroyables de faits ? Des dates, des chiffres, des connaissances encyclopédiques ? Si oui, il est du type « mots ». Peut-il comprendre instinctivement une formule mathématique, un principe de physique ou la programmation informatique ? Peut-il reproduire une mélodie qu’il a entendue au piano ? Il a sûrement une pensée séquentielle.

Ces informations sont cruciales, car elles nous parlent d’un fonctionnement spontané et naturel de la personne. Dans sont livre The Autistic Brain, Temple Grandin nomme des professions généralement adéquates pour chaque type de penseur (pages 204-206).

Ensuite, les activités d’exploration professionnelle varieront en fonction du mode de pensée. Avec les penseurs séquentiels, je leur suggère de dessiner un schéma composé de leurs sujets d’intérêts (la théorie de la relativité, la biochimie du cerveau, etc.) en associant une couleur à chaque intérêt. De votre point de vue, cela semble peut-être abstrait, mais mon étudiant a tout de suite compris ce que je voulais dire.  On peut aussi utiliser l’exercice de l’équation mathématique décrite dans mon billet du 1er mars 2013. Avec les types « mots », je leur fais énumérer et écrire leurs intérêts, répulsions, des forces et des limites, sous forme de liste. Avec les types « images », je leur fais dessiner leurs intérêts et à partir de leurs dessins, nous explorons le monde des professions.

Je reconnais que de travailler ainsi requiert à la fois de la créativité, de la patience et un peu d’humilité, car il y a beaucoup d’essais et d’erreurs dans mes choix d’activités. Toutefois, ça vaut le coup, car jusqu’à maintenant, ça a toujours fonctionné. Et le lien de confiance en est tellement bonifié, car mes étudiants sentent, qu’enfin, un neurotypique tente de les rejoindre dans leur mode de pensée.

Si vous avez des commentaires, idées ou questions, partagez-les ! Il me fera plaisir d’échanger avec vous !

Émilie Robert. C.o.

dimanche 26 janvier 2014

Les personnes TSA : un cerveau en images, en mots ou en séquences

Une des plus grandes difficultés que les conseillers d’orientation éprouvent lorsqu’ils effectuent une démarche d’orientation avec des personnes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) est que les méthodes, outils et activités habituellement utilisés avec les personnes non-autiste ne fonctionnent pas. Mais pourquoi donc ?

La lecture d’un excellent livre, The Autistic Brain (1) , par la célèbre autiste américaine Temple Grandin, m’a révélé les plus récentes recherches en neurologie sur l’anatomie et la physiologie du cerveaux des personnes TSA. Ses conclusions sont fort éclairantes dans notre travail en orientation.

Nous savons que les personnes autistes ont un profil d’habiletés inhabituel. Elles ont de grandes forces dans des activités normalement difficiles pour les non-autistes (calcul mentaux rapides, virtuosité au piano, mémoire photographique, oreille absolue, etc.) mais en contrepartie éprouvent une incompréhension de certaines choses qui nous paraîssent évidentes : comment approcher un potentiel employeur, comment comprendre les attentes de notre patron, comment se comporter dans une fête, etc.

Une des explications proviendrait d’abord d’un arrêt de développement de certaines parties du cerveau et d’une compensation développementale par d’autres parties du cerveau, ce qui crée un déséquilibre. Les connexions synaptiques et conséquemment l’information neurologique transmise aux différentes parties du cerveau en est altérée, souvent ralentie. Cela a pour résultat que les personnes autistes ont souvent un mode de perception et de compréhension du monde qui est unidimensionnel. Toutefois, cette structure du cerveau est unique à chaque personne autiste.

On peut dégager trois grandes catégories de fonctionnement cérébral autiste : 1) les gens qui perçoivent le monde en images, 2) ceux qui perçoivent le monde en mots et 3) ceux qui perçoivent le monde en motifs ou en séquences. Dans le langage courant, on a tendance à dire qu’on est visuel, auditif ou kinesthésique. Mais ce que je vous décris est beaucoup plus prononcé, en plus d’être vérifiable grâce à l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle.

Dans mon prochain billet, qui paraîtra la semaine prochaine, je vous parlerai de la manière dont on peut identifier si notre client TSA fonctionnement en images, en mots ou en séquences et comment adapter notre intervention en orientation.

Sur ce, bonne année 2014 et à très bientôt !
Émilie Robert, c.o.

(1) Grandin, T. & Panek, R. (2013). The Autistic Brain, HMH Books